| Le développement de l'énergie éolienne remise en cause en France ? |
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Les députés ont voté en deuxième lecture le 29 mars 2005 le projet de loi d’orientation sur l’énergie. Il est actuellement en examen au Parlement et au Sénat. Son adoption définitive est attendue pour mes mois de mai ou juin 2005. Ce projet de loi vise à la fois à définir les objectifs et les grandes orientations de la politique énergétique de la France et à compléter la législation actuelle par des mesures dans les domaines de la maîtrise de l’énergie, des énergies renouvelables et de la qualité du réseau de transport et de distribution d’électricité. La politique énergétique nationale doit remplir les objectifs signés au protocole de Kyoto pourtant certaines mesures incluses dans ce projet présentent des contradictions. Le nouveau texte augmente le plancher minimum de rachat de l’électricité éolienne par EDF. Désormais, l’obligation de rachat sera appliquée aux installations éoliennes d’une capacité supérieure à 20 MW (sauf cas exceptionnels dans les îles bretonnes, en Corse et hors métropole) contre 12 MW auparavant. Cette mesure ne concerne pas les installations existantes ni celles pour lesquelles un dossier complet de demande de permis de construire aura été déposé et un certificat d’obligation d’achat aura été délivré au plus tard deux années après la publication de la loi. Le texte prévoit aussi une implantation des éoliennes uniquement dans des zones identifiées par le préfet, sur « proposition de la ou des communes dont le territoire est compris dans leur périmètre après avis des communes limitrophes et de la commission départementale des sites, perspectives et paysages ». Ce projet vise à favoriser les grandes installations et à protéger les paysages mais prive la France à remplir ses objectifs nationaux en termes d’énergie renouvelable. En effet, suite à cette mesure, il lui sera difficile d’amener la consommation énergétique du pays à un taux de 21% d’énergie renouvelable. Ce projet représente un amendement pour l’éolien car :
Les avis sont donc partagés. Certains, partisans de
la volonté des trois députés auteurs de ce texte,
veulent éliminer la prolifération anarchique des installations
et son impact négatif sur le paysage et estiment par ailleurs que
cette énergie n'est pas une priorité en France même
s’ils soutiennent le fait qu’ils sont pour un décollage
et un développement de ce type d’énergie. D’autres,
comme le SER et l’Eref, pensent que le projet n’apporte que
des contraintes supplémentaires. Ils s’inquiètent
de l’adoption de ce texte par le Sénat. Cela signifie pour
eux « une mort certaine de la production d’énergie
éolienne en France, ou en tout cas sa confiscation par de gros
investisseurs et de grandes entreprises publiques, dont EDF en tout premier
lieu ». L’Eref a d’ores et déjà annoncé
son intention de déposer une plainte formelle auprès de
la Commission européenne pour la violation de la directive européenne
2001/77/EC SER (sources d’énergies renouvelables). |