Le projet ITER
International Thermonuclear Experimental Reactor
Sommaire
Qu'est ce que le projet ITER ?
Bref rappel historique
Choix du site
Négociations
Fonctionnement d'ITER
Quelle idée se faire du projet ITER ?

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Qu'est-ce que le projet ITER ?

Après avoir découvert la radioactivité naturelle il y a plus de cent ans, les grands chercheurs, connus de pratiquement tout le monde tels que : Henri Becquerel, Marie Sklodowska-Curie, Pierre et Marie Curie, Paul Villard, Ernest Rutherford, Jean Perrin, Sir John Cockfrot, Enrico Fermi, …développèrent l'énergie nucléaire en passant par de multiples découvertes telles que les réactions de fission et de fusion.

Aujourd'hui, bien qu'il y ait des années que nous soyons passés du stade de la théorie à celui de la pratique, l'homme cherche à produire sa propre énergie.

Actuellement, au cœur des débats politiques et scientifiques : le projet ITER.

Le projet ITER, ou encore l'International Thermonuclear Experimental Reactor, est en fait un projet basé sur une technologie de Tokamak utilisant le principe de fusion nucléaire permettant la production d'énergie de manière abondante à l'heure où la raréfaction des énergies fossiles est envisagée d'ici une cinquantaine d'années.

Bref rappel historique :

Voilà déjà plusieurs années que l'Union Soviétique travaille sur l'idée d'un Tokamak pouvant fonctionner selon un principe de fusion nucléaire.
En Novembre 1985, lors du Sommet de Genève, Monsieur Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev (dirigeant de l'Union Soviétique entre 1985 et 1991) fit la proposition de réaliser un programme international permettant de construire la future génération de Tokamak.
Vers la fin de l'année 1986, plusieurs états tels que les Etats-Unis, l'Europe ainsi que le Japon acceptent de rejoindre l'Union Soviétique dans son idée. De là est né le projet ITER.
Ce projet est placé sous l'autorité de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).

Une fois les accords signés, trois phases suivirent :

  • la phase de conception appelée Conceptuel design activities a démarré en Avril 1988 et s'est achevée en Décembre 1990.
  • en Juillet 1992, démarre la deuxième phase qui est la phase d'ingénierie appelée Engineering design activity qui s'achèvera six années plus tard CAD en 1998. A la fin de cette deuxième phase, les Etats-Unis décident de se retirer du projet ITER.
  • Cette sortie de course conduit les trois autres membres à relancer la phase d'ingénierie dans le but de revoir les objectifs d'ITER du fait du manque de financement apporté par le retrait des Etats-Unis. Cette phase prendra fin en Juillet 2001.
  • la dernière phase qui est la phase de coordination, appelée Coordinated technical activities, prit fin en 2002. Cette phase avait pour but notamment de définir l'emplacement du site de construction et de déterminer le financement du projet ITER.

En Janvier 2003 puis en Juin 2003, la Chine et respectivement la Corée du sud ont décidé de rejoindre le projet ITER, tandis qu'en Février 2003 les Etats-Unis faisaient leur come-back.

Choix du site

Au départ, 4 sites ont proposé leur candidature pour la construction du prototype de réacteur a fusion à fusion nucléaire :

  • Cadarache, en France.
  • Clarington, au Canada.
  • Rokkasho-Mura, au Japon.
  • Vandellos, en Espagne.

Jusqu'à il y a quelques jours la situation était la suivante :

  • La proposition du site de Cadarache par l'Union Européenne comme site réunissant toutes les conditions permettant d'accueillir un tel projet international était soutenue par l'Union européenne, la Chine, la Russie et le Canada.
  • Le site de Rokkasho-Mura était soutenu par les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud.

L'Espagne a décidé quant à elle de se retirer du projet, et ce suite à une querelle franco-espagnole.

En résumé, partant de quatre sites candidats pour accueillir la dernière génération de tokamak, il n'en restait plus que deux : un site soutenu par l'Europe, la Russie et la Chine se trouvant dans le sud de la France (Cadarache), et un site soutenu par les Etats-Unis et la Corée du sud qui se trouve au Japon (Rokkasho-Mura).

Négociations

Plusieurs séries de négociations ont eu lieu à partir de l'an 2000, mais sans résultats concluants.

Le 12 Avril 2005 à Tokyo, l'U.E et le Japon avaient décidé d'accélérer les négociations afin de parvenir à un accord sur le choix du site sur lequel sera construit et développé le réacteur expérimental à fusion nucléaire ITER. Mais, encore une fois, ces négociations ont échoué.

Le Mardi 3 Mai 2005, la nouvelle est tombée : ITER pourrait emménager dans le sud de la France à Cadarache.
Le Lundi 2 Mai 2005, le ministre de l'Economie luxembourgeois, a fait savoir que « le Japon est d'accord pour discuter la possibilité qu'ITER soit en Europe».

Il n'est pas impossible que ce revirement de situation de la part des japonais intervient après que les responsables des pays européens aient pris la liberté, en Mars 2005, de commencer les travaux de construction du réacteur expérimental à fusion nucléaire sur le site de Cadarache d'ici la fin de l'année.

Le fait que le premier ministre japonais ai lui même demandé qu'un accord soit trouvé « aussi rapidement que possible » ne prétend en rien qu'ils accepteront de renoncer à la construction du réacteur à fusion nucléaire sur leur territoire comme l'a affirmé le premier ministre japonais : « Je n'ai nullement l'intention de renoncer au site de Rokkasho-Mura ».
La localisation du projet ITER oppose depuis des mois l'Union Européenne et le Japon.

Les responsables des pays membres du projet ITER ont fixé comme ultime limite de date de négociation, la prochaine réunion du G8 qui aura lieu début Juillet 2005 en Ecosse.

Fonctionnement d'ITER

Il s'agit du fonctionnement d'un tokamak reposant sur un processus de fusion nucléaire.

Tokamak est un nom provenant du Russe :

  • TOK : signifie courant.
  • KA-mera : signifie chambre.
  • MAK : qui signifie magnétique.

Ce qui en français donne : chambre toroïdale à confinement magnétique.

Il s'agit en réalité de toutes les centrales, utilisant le principe de fusion thermonucléaire, permettant la production d'énergie électrique.

La fusion nucléaire (qui est un type de réaction de fusion thermonucléaire) est un procédé permettant, après avoir réuni deux atomes légers tels que le deutérium et le tritium, de créer des atomes plus lourds. Cette transformation, qui ne peut se produire qu'à de très hautes températures (centaines de millions de degrés), conduit à dégager un excès d'énergie pouvant aboutir à un excès de chaleur qui permettra d'obtenir de l'électricité.

Le gaz, très chaud, utilisé dans un tokamak (permettant d'obtenir de l'énergie calorifique à partir de réactions de fusion) est appelé plasma.

Quelle idée se faire du projet ITER ?

Il est évident que :

  • remplacer la fission nucléaire par la fusion nucléaire,
  • reproduire un phénomène se produisant naturellement dans l'espace et sur terre,
  • utiliser un combustible quasi inépuisable,
  • produire moins de déchets radioactifs,
  • affaiblir les risques de dégager des gaz à effets de serre,
  • créer plus de 1 500 emplois (500 emplois pendant la construction du réacteur et 1 000 autres à des fins d'exploitations et d'études),

semble être une idée très attractive, mais observons la de plus prés :

  • remplacer la fission nucléaire par la fusion nucléaire, permettra certes d'éviter les réactions en chaînes provoquée par le principe de fission nucléaire utilisé dans la majorité des réacteurs actuels,
  • reproduire un phénomène se produisant naturellement dans l'espace, reste très certainement un rêve de chercheur mais présentant tout de même des risques tels que :
    • La modélisation du comportement du plasma dans un confinement magnétique, qui n'est toujours pas réellement maîtrisée.
    • La capacité de la structure prête à supporter des contraintes mécaniques dues aux grandes variations de températures.
  • utiliser un combustible quasi inépuisable : le combustible utilisé dans le projet ITER est un mélange deutérium-deutérium ou deutérium-tritium. Aujourd'hui, la fusion deutérium-deutérium reste impossible à réaliser, mais qu'il s'agisse de deutérium ou de tritium il est possible de s'en procurer à partir de l'eau de mer.
  • Produire moins de déchets radioactifs, c'est ce qu'affirment les défenseurs du projet ITER. Ceci n'est pas totalement vrai, car même s'il ne s'agit pas là d'uranium 238 (période de vie : 4.5 milliards d'années) et/ou de plutonium 239 (période vie : 24 000 ans), le sort des déchets tritiés (période de vie : 12.4 années) n'est toujours pas réglé :
    • Contrairement aux autres radionucléides, le tritium se présente sous trois formes : solide (dans les métaux), liquide (sous forme d'eau tritiée), gazeuse (sous forme de tritium gazeux ou encore de vapeur d'eau tritiée).
    • Le traitement des déchets tritiés conduit à la production d'eau tritiée difficile à gérer.
    • De part sa diffusion élevée, le tritium pose de gros problèmes de décontamination des matériaux utilisés.
    • L'incinération de ces déchets n'est même pas envisageable, car les effluents gazeux résultants de cette opération se répandraient automatiquement dans l'atmosphère en polluant toutes vies et matières voisines.
    • Actuellement plus de 6 000 fûts de 100 et 200L (sans compter la quantité de ferraille contaminée), plus de 800 L d'eau tritiée sont entreposés (faute de meilleure solution) sur un des sites de recherche en France. (remarque : entreposage ? stockage)

En résumé le projet ITER, pour sa part produira effectivement moins de déchets radioactifs du fait de la manipulation d'un élément peu actif comparé (le tritium) à l'uranium et d'un élément non actif (deutérium), mais il faut quand même garder à l'esprit que les déchets tritiés se présentent sous trois formes (solide, liquide, gazeuse) et qu'au jour d'aujourd'hui aucun des chercheurs (tant désireux du projet ITER) n'a encore réussi à déterminer une solution de gestion définitive des déchets tritiés et ceci sans compté la quantité de déchet produite dans le passé, le présent et le futur (la construction d'ITER s'acheva au bout d'une période de 10 ans) par l'utilisation du plutonium et de l'uranium.

Quant à la création de 1.500 emplois, si les états membres du projet ITER acceptent que le réacteur à fusion nucléaire expérimental soit construit en France, il ne faut pas oublier qu'il s'agit là d'un projet européen (c'est l'U.E qui a déposé sa candidature au projet ITER, et après concertation des ministres européens de la recherche, le site de Cadarache a été choisit pour y construire le réacteur). Donc ces 1 500 emplois seront 1 500 emplois crées a échelle européenne non à échelle française.

En plus de l’ensemble des arguments évoqués, en faveur ou non du projet ITER, notons que les anti-ITER affirment que le site de Cadarache présenteraient des risques liés à une fragilité sismique.

Quelque soit le site géographique retenu, le projet ITER, estimé à 10 milliards d’euros sur 30 ans dont 4.7 milliards pour la construction du réacteur à fusion nucléaire expérimental, devrait être opérationnel à l’horizon 2050.

Pour ou contre ce projet, vous pouvez voter sur certains sites tels que : http://www.cite-sciences.fr/.

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