Depuis le 1er janvier 2025, toute bouteille PET pour boissons en France doit contenir minimum 25% de plastique recyclé. Cette obligation vient de la directive SUP, elle crée un débouché garanti pour le PET recyclé et ferme la boucle de l'économie circulaire. Voici ce que ça change.
Le cadre réglementaire#
Le décret n° 2021-1610 du 9 décembre 2021 transpose l'article 6 de la directive SUP 2019/904. Il impose des taux minimaux d'incorporation de plastique recyclé dans les bouteilles pour boissons. Honnêtement, c'est l'une des meilleures mesures de ces dernières années, de la contrainte réglementaire directe.
Les paliers obligatoires#
| Échéance | Obligation | Périmètre |
|---|---|---|
| 1er janvier 2025 | 25 % minimum de PET recyclé | Bouteilles PET pour boissons |
C'est concret. Pas cosmétique. | 1er janvier 2030 | 30 % minimum de plastique recyclé | Toutes bouteilles plastique, toutes résines |
Quelles bouteilles sont concernées ?#
Le décret s'applique aux bouteilles pour boissons composées majoritairement en masse de PET, d'une capacité maximale de trois litres, bouchons et couvercles inclus.
Sont exclues :
- Les bouteilles en verre ou métal dont seuls les bouchons sont en plastique
- Les bouteilles contenant des denrées alimentaires à fins médicales spéciales
- Les bouteilles de lait non réfrigérées (le PEHD recyclé n'est pas encore autorisé pour le contact alimentaire dans cette application)
- Les étiquettes en papier
Le taux d'incorporation est défini comme la masse de PET recyclé de chaque bouteille rapportée à la masse totale de plastique de cette bouteille. La directive précise que ce taux est calculé en moyenne sur toutes les bouteilles PET mises sur le marché en France par un même producteur.
Cela signifie qu'un industriel peut avoir des bouteilles à 0 % de recyclé et d'autres à 50 %, tant que la moyenne pondérée atteint 25 %.
Qui contrôle ?#
Les éco-organismes REP emballages (Citeo) vérifient. Non-respect constaté : l'éco-organisme informe l'État sous deux mois. La loi AGEC ajoute un système bonus-malus sur les éco-contributions : plus de recyclé = moins de contribution. Ça marche.
Les défis pour l'industrie#
L'approvisionnement en PET recyclé#
Le premier défi est quantitatif. Pour atteindre 25 % d'incorporation sur l'ensemble des bouteilles PET en France, il faut des volumes massifs de PET recyclé de qualité alimentaire (rPET). Or la collecte française plafonne en dessous de 60 % des bouteilles mises sur le marché.
L'augmentation de la collecte est un prérequis. Voilà l'enjeu : les pays avec consigne collectent plus de 90 % des bouteilles.
La qualité du rPET#
Le rPET doit respecter les normes de contact alimentaire, donc décontamination rigoureuse. Le recyclage mécanique du PET transparent marche bien. Mais les PET opaques et colorés posent problème. Le recyclage chimique commence à s'imposer là.
Le surcoût#
Le rPET coûte actuellement plus cher que le PET vierge, surtout en période de prix bas du pétrole. L'obligation d'incorporation crée un plancher de demande qui soutient le prix du recyclé, mais la compétitivité reste un sujet pour les embouteilleurs.
Le cas du recyclage chimique : un débat méthodologique#
Le PPWR prévoit une méthode spécifique pour le plastique issu du recyclage chimique. La question : comment comptabiliser le PET produit par pyrolyse dans le bilan d'un craqueur pétrochimique qui traite aussi du fossile ? L'approche "bilan de masse" attribue une fraction "recyclée" à la production, même si les molécules recyclées et fossiles se mélangent. Les industriels la promeuvent. Les ONG contestent : c'est du greenwashing.
Et après 2025 ?#
L'obligation monte : 2030 : 30% de plastique recyclé dans toutes les bouteilles, toutes résines. Le PPWR peut aller plus loin sur autres emballages plastiques. Le taux de recyclage français devra monter pour fournir la matière première.
Ce qu'il faut retenir#
L'obligation d'incorporation de 25 % de PET recyclé dans les bouteilles est un signal fort envoyé au marché : le plastique recyclé n'est plus une option, c'est une obligation légale. Cette mesure crée un débouché stable pour le rPET et pousse l'ensemble de la chaîne (collecte, tri, recyclage) à monter en capacité. Reste à résoudre l'équation économique et à augmenter drastiquement les volumes collectés.




Comment le taux est-il calculé ?#