La pile de vieux journaux et magazines qui monte dans un coin du salon a une réponse évidente : le bac de tri. Cette réponse est exacte. Elle est aussi la seule que produit la première page de résultats, et elle laisse tomber tout ce qui se passe avant : ce qui se revend, ce qui se donne, et ce que personne ne veut. Le réflexe « donnez-les à la bibliothèque », lui, se répète partout sans être vérifié une seule fois.
En clair. Journaux et magazines se déposent dans le bac, le sac ou le conteneur de collecte séparée de votre commune, sans les froisser ni les déchirer. Les agrafes restent en place. Les CD et échantillons promotionnels glissés à l'intérieur se retirent avant. Avant de trier, vérifiez auprès de la structure visée : certaines acceptent les revues sous conditions, d'autres les refusent nommément.
Ce qui est national, ce qui dépend de votre commune#
Commençons par le partage, parce que c'est lui qui décide si vous pouvez faire confiance à cet article ou s'il faut aller lire le règlement de votre collectivité. Quatre règles sont nationales, vérifiées sur un texte ou sur une page nationale : journaux, magazines, prospectus et emballages se trient ensemble ; l'objectif de déploiement de ce dispositif harmonisé était fixé au 31 décembre 2022 ; le film plastique d'abonnement est interdit depuis le 1er janvier 2022 au titre de la loi AGEC ; et les agrafes d'un magazine ne se retirent pas. Deux éléments restent locaux : le contenant exact, et le sort des fenêtres plastiques d'enveloppe, qui dépend du centre de tri.
L'ADEME est claire et courte sur les deux fiches. Le journal : « Déposez-le dans le bac, le sac ou le conteneur de collecte séparée, conformément aux consignes de tri de votre commune », et « il est inutile de le froisser ou de le déchirer avant de le jeter ». Le magazine suit la même règle, avec deux précisions qui règlent les questions que tout le monde se pose : « vous n'avez pas besoin de retirer les agrafes », mais « veillez cependant à retirer les éventuels CD et autres produits promotionnels pouvant être contenus à l'intérieur ». Les prospectus et publicités relèvent de la même consigne.
Voici où l'article s'arrête d'habitude, et où commence le vrai sujet. Cette consigne ne fixe pas le contenant. « Bac, sac ou conteneur » n'est pas une formule de style : c'est l'ADEME qui renvoie au règlement de collecte de votre collectivité, parce que le détail du dispositif lui appartient. Le socle national, lui, est à l'article L541-10-18 du code de l'environnement, qui fixait « un déploiement effectif de ce dispositif sur l'ensemble du territoire national au plus tard le 31 décembre 2022 ». Ce texte harmonise la logique de tri, pas la couleur ni la forme de votre bac.
Un exemple mesure l'écart. Sur l'enveloppe à fenêtre plastique, le Syndicat Centre Hérault, qui exploite le centre de tri Demeter, indique que le film n'a pas besoin d'être retiré : les procédés de recyclage de ce centre extraient et réorientent ces éléments étrangers. Cette collectivité assume elle-même que la règle tient aux capacités de son installation. Elle vaut chez elle. Elle ne vaut pas chez vous par défaut.
C'est la même mécanique que celle décrite dans le vrai tri du papier cadeau et des emballages de fêtes : une règle générale, puis un réglage local qui décide de la réponse finale. Le polystyrène d'emballage et de calage fonctionne sur le même principe de seuils et de consignes communales à vérifier avant de trier.
Donner ses vieux magazines : deux oui, trois non, et jamais d'automatisme#
Le conseil circule dans tous les guides : donnez-les à une bibliothèque, à une association, à un refuge. La réponse réelle se lit structure par structure, sur leurs pages de dons, et elle donne deux oui conditionnés et trois refus explicites.
Commençons par ce qui marche. Adiflor accepte les revues, en toutes lettres, dans sa liste de lecture jeunesse aux côtés des romans, contes, fables, albums, imagiers, documentaires, bandes dessinées et mangas, pour des projets de coopération internationale. Deux conditions publiées encadrent le don : « TRÈS BON ÉTAT » et « EDITIONS DE MOINS DE 10 ANS ». Un magazine corné de quinze ans d'âge ne passe pas ; un lot récent en bon état, oui.
Le second circuit qui demande explicitement du papier, c'est la collecte scolaire. L'association de parents d'élèves Le Massicot, pour les écoles publiques de Melesse, accepte nommément « annuaires, catalogues, magazines » et les enveloppes sauf kraft, refuse les enveloppes kraft et demande de retirer les couvertures de livres. Le papier est repris au poids et l'argent revient à l'école. L'association donne un exemple chiffré pour 2018, 229,93 € collectés. C'est un exemple local et daté, pas un barème, mais il montre à quoi ressemble un circuit qui fonctionne : des conditions publiées, et un tonnage qui sert à quelque chose.
Passons aux refus, que je suis allé lire directement plutôt que de recopier le résumé qui tourne. La médiathèque de la Vallée de Munster publie la liste des documents qu'elle n'accepte pas en don. « Les revues et les quotidiens » y figurent, aux côtés des éditions anciennes, des documentaires de plus de cinq ans et des pages jaunies. C'est un établissement, avec sa politique documentaire propre : ce refus ne se généralise pas à toutes les bibliothèques de France. Il suffit à prouver que le don en médiathèque n'a rien d'automatique.
Recyclivre, qui rachète et redistribue des livres, écrit dans son centre d'aide : « nous reprenons l'immense majorité des livres. Il y a cependant quelques exceptions pour des livres avec lesquels nous ne pouvons pas travailler : les livres en langue étrangère, les magazines, les livres avec des contenus obsolètes, etc. » Les magazines sont nommés, noir sur blanc, dans la liste des refus. Quand un document est refusé, Recyclivre renvoie vers deux pistes : la boîte à lire du quartier, ou l'annuaire Point Livres, qui recense les lieux de dépôt de livres d'occasion et invite lui-même à contacter la structure avant de s'y rendre, chaque lieu fixant ses propres conditions.
Troisième refus vérifié, du côté du réemploi cette fois : la Ressourcerie de Malakoff écrit sur sa page de dons qu'elle accueille « tous types de livres à l'exception des revues, des encyclopédies, des dictionnaires et guides touristiques de plus de 5 ans ». Trois établissements, trois politiques propres, trois exclusions nommées des revues. Cela ne fait toujours pas une règle nationale, et aucune de ces trois pages ne prétend en poser une.
Les bibliothèques de la Ville de Paris ferment la boucle : elles « ne récupèrent pas directement les documents dont vous souhaitez vous débarrasser » et orientent vers des structures partenaires, Ammareal, Emmaüs et Bibliothèque Sans Frontières. Du côté d'Emmaüs France, la page de don cite « les livres » parmi les objets acceptés en bon état, jamais nommément les journaux ni les magazines, et précise que chaque groupe a ses propres contraintes. L'ADEME, de son côté, recommande le don à une association, une structure de réemploi ou une boîte à livres, mais sa fiche porte sur les livres, pas sur les revues.
Même chose pour l'idée reçue du papier journal donné au refuge animalier. Deux refuges SPA publient la liste de leurs besoins en nature : Colmar et Dunkerque. Aucun des deux ne demande de journaux ni de magazines usagés. Ils réclament des ramettes de papier vierge en 80 à 90 grammes et de la litière commerciale. Là encore, deux cas vérifiés, pas une règle nationale : d'autres refuges peuvent avoir d'autres besoins, et un appel de deux minutes vaut mieux qu'un carton porté pour rien.
Ma règle après ces lectures : ne partez jamais avec un carton sans avoir lu la page « dons » de la structure, ou appelé. Le don refusé sur place, c'est un aller-retour pour rien et un carton qui finit au bac de toute façon.
Revendre : combien, et pour quels numéros#
Une partie de la pile a une valeur marchande. Le guide spécialisé MaCollec.net, mis à jour en mars 2026, publie des repères de prix par tranche d'ancienneté. C'est une source secondaire, un guide agrégateur et non une place de marché : traitez ces montants comme des ordres de grandeur du marché de la collection, pas comme un barème.
| Type de numéro | Repère de prix (MaCollec.net, mars 2026) |
|---|---|
| Magazines courants, après 2000 | 0,50 à 2 € |
| Magazines anciens, 1960 à 2000 | 2 à 10 € |
| Numéros rares ou premiers numéros | 10 à 80 € |
| Numéros exceptionnels | 50 à 300 € et plus |
| Vente en brocante, au numéro | 0,20 à 1 € |
Ce qui fait basculer un numéro d'une ligne à l'autre tient à cinq critères, listés par le guide Fiscareo publié le 4 juin 2025 : l'état de conservation, avec « une couverture intacte, des pages complètes, des couleurs encore éclatantes » ; la rareté, avec « un tirage confidentiel, un numéro lié à un événement marquant » ; l'édition originale, c'est-à-dire le premier tirage ; la complétude, sans pages ni publicités découpées ; et le caractère événementiel du numéro. Là aussi, source secondaire spécialisée dans la collection, à prendre comme une indication.
Côté plateformes, Delcampe héberge une catégorie dédiée aux journaux anciens dans sa section livres, magazines et bandes dessinées. C'est un point d'entrée identifié pour ce type d'objet.
Les cas qui coincent vraiment#
Le magazine taché de sauce n'est pas perdu. L'ADEME traite le papier ou carton souillé par de la nourriture avec une réponse en deux temps : « videz-la des restes de nourriture avant de la déposer dans le bac de tri », et le compost reste possible pour ce qui n'est ni plastifié ni traité, puisque « les cartons plastifiés ou comportant des éléments non compostables ne doivent pas être déposés dans le compost ». Le réflexe « c'est sale, donc poubelle noire » est donc faux dans les deux directions. À l'inverse, un mouchoir ou un essuie-tout souillé part bien aux ordures ménagères pour raison sanitaire, selon Grand Paris Seine Ouest : c'est une consigne qui porte sur les mouchoirs, pas sur votre magazine.
Le film plastique qui entourait les magazines d'abonnement, lui, a disparu par la loi. Citeo documente l'échéance : la loi anti-gaspillage et pour l'économie circulaire « vient aujourd'hui accélérer cette transition, en interdisant à partir du 1er janvier 2022 tout envoi sous film plastique ». Si vous videz un grenier et que vous tombez sur des exemplaires encore emballés, le film part au bac de tri des papiers et emballages, en vrac, sans être imbriqué, comme le prévoit la fiche ADEME du film plastique.
Autre cas de papier qui n'est pas ce qu'il paraît, le dossier sur les tickets de caisse thermiques montre un cas où la réponse s'inverse complètement.
Une filière qui rétrécit sous vos piles#
Le geste de tri, lui, tient. Citeo affiche pour 2025, sur une page mise à jour le 18 juin 2026, 667 000 tonnes de papiers graphiques recyclées, un taux de recyclage de 75 % et 10,1 kg triés par habitant. Un point de comparaison antérieur donne la mesure du chemin : sur les comptes 2022 de Citeo, consolidés fin 2023, la presse professionnelle papetière relevait un taux de recyclage de 60 % pour 1 million de tonnes traitées. Trois ans d'écart entre les deux relevés, et un taux qui monte pendant que le tonnage baisse.
Le gisement, lui, recule depuis vingt ans, et l'ordre de grandeur est brutal. Citant Copacel, la CCFI écrivait le 24 avril 2026 que « la production française de papiers graphiques est ainsi passée de 4,3 millions de tonnes en 2005 à moins de 800 000 tonnes en 2024, soit une baisse de 80 % ». Deux bornes, 2005 et 2024, sur la même série. Sur une fenêtre plus étroite et plus ancienne, le Cercle National du Recyclage notait déjà dans un document d'octobre 2022 que « le périmètre Citeo a régressé de 26 % entre 2017 et 2020 et que les tonnes recyclées sont en baisse continuelle depuis 2017 ». Tendance longue dans les deux cas, pas photographie de 2026. La conséquence industrielle est visible : selon Copacel, relayé par Graphiline le 9 avril 2026, sept papeteries ont fermé depuis 2024 sur les 81 recensées en France, certaines fermetures étant liées aux papiers graphiques, journaux et magazines compris.
Pour la mécanique industrielle complète, de la collecte au désencrage, le dossier sur la filière papier-carton française prend le relais.
Ma position, et le point que je ne tranche pas#
L'ordre que je recommande est simple : vérifier ce qui a une valeur de collection, proposer le reste à un circuit qui a publié ses conditions, envoyer tout le reste au bac sans culpabiliser. Le tri n'est pas le mauvais élève de cette liste, c'est le filet de sécurité qui marche.
Sur un point, je n'ai pas de préférence tranchée : savoir si trier une pile numéro par numéro pour en sortir trois exemplaires à quelques euros vaut le temps passé. Pour un collectionneur, la question ne se pose pas. Pour quelqu'un qui vide un garage un dimanche, l'arbitrage entre le temps et le rendement est personnel, et je ne le ferai pas à votre place.
Ce qui m'agace, en revanche, c'est la facilité avec laquelle « donnez-les à une association » se recopie d'un guide à l'autre sans que personne n'ouvre la page de dons de la structure citée. Quelques lectures ont suffi à trouver trois refus explicites, et deux circuits qui publient noir sur blanc ce qu'ils prennent. Ce n'est pas de l'investigation, c'est de la lecture. La même paresse produit les articles qui affirment qu'un objet se recycle alors qu'aucune filière ne l'accepte, comme dans le cas du parapluie cassé ou du cintre usagé.
Questions fréquentes#
Faut-il retirer les agrafes d'un magazine avant de le trier ?#
Non. L'ADEME est explicite : « vous n'avez pas besoin de retirer les agrafes. » En revanche, la même fiche demande de retirer les CD et autres produits promotionnels glissés à l'intérieur du magazine avant de le déposer dans le bac, le sac ou le conteneur de collecte séparée.
Où jeter ses vieux journaux et magazines ?#
Dans le bac, le sac ou le conteneur de collecte séparée de votre commune, sans les froisser ni les déchirer, selon l'ADEME. Le contenant exact dépend du règlement de collecte local. Les prospectus et publicités suivent exactement la même consigne.
Une bibliothèque accepte-t-elle les dons de magazines ?#
Pas automatiquement. La médiathèque de la Vallée de Munster exclut nommément « les revues et les quotidiens » de ses dons acceptés, et les bibliothèques de la Ville de Paris ne récupèrent pas directement les documents, orientant vers Ammareal, Emmaüs et Bibliothèque Sans Frontières. Chaque établissement fixe sa politique : renseignez-vous avant de vous déplacer.
Qui accepte vraiment des revues en don ?#
Adiflor cite les revues dans sa liste de lecture jeunesse, à deux conditions publiées : « TRÈS BON ÉTAT » et « EDITIONS DE MOINS DE 10 ANS ». La collecte scolaire est l'autre circuit vérifié : l'association de parents d'élèves Le Massicot, à Melesse, accepte nommément annuaires, catalogues et magazines, repris au poids au profit de l'école.
Un magazine taché de nourriture se trie-t-il quand même ?#
Oui, après avoir vidé les restes. L'ADEME demande de vider le papier ou carton souillé de ses restes de nourriture avant dépôt dans le bac de tri. Le compost reste une option pour ce qui n'est ni plastifié ni traité, les éléments non compostables devant partir au tri des papiers et emballages.
Combien vaut un vieux magazine à la revente ?#
Selon le guide spécialisé MaCollec.net, mis à jour en mars 2026, un magazine courant postérieur à 2000 se situe entre 0,50 et 2 €, un numéro ancien de 1960 à 2000 entre 2 et 10 €, un numéro rare ou un premier numéro entre 10 et 80 €. Source secondaire, à traiter comme un ordre de grandeur.
Sources#
- Journal, ADEME, Que faire de mes déchets, consulté le 18 septembre 2026
- Magazine, ADEME, Que faire de mes déchets, consulté le 18 septembre 2026
- Papier ou carton souillé, ADEME, Que faire de mes déchets, consulté le 18 septembre 2026
- Publicité, ADEME, Que faire de mes déchets, consulté le 18 septembre 2026
- Film plastique, ADEME, Que faire de mes déchets, consulté le 18 septembre 2026
- Livres, ADEME, Que faire de mes déchets, consulté le 18 septembre 2026
- Article L541-10-18, code de l'environnement, Légifrance, consulté le 18 septembre 2026
- Les chiffres du recyclage en France, Citeo, consulté le 18 septembre 2026
- Le secteur de la presse va tourner la page du film plastique, Citeo, consulté le 18 septembre 2026
- Citeo publie son taux de recyclage des papiers graphiques, Papetier de France, consulté le 18 septembre 2026
- Fiche REP papiers graphiques, Cercle National du Recyclage, consulté le 18 septembre 2026
- Les papeteries françaises prises en étau, alerte la Copacel, Graphiline, consulté le 18 septembre 2026
- Usages du papier, la tendance de fond à nouveau confirmée, CCFI, consulté le 18 septembre 2026
- Initier un projet, Adiflor, consulté le 18 septembre 2026
- Dons, Ressourcerie de Malakoff, consulté le 18 septembre 2026
- Dons de documents, médiathèque de la Vallée de Munster, consulté le 18 septembre 2026
- Pourquoi certains livres sont refusés par l'application, Recyclivre, consulté le 18 septembre 2026
- Où donner ses livres, bibliothèques de la Ville de Paris, consulté le 18 septembre 2026
- Donner, Emmaüs France, consulté le 18 septembre 2026
- Point Livres, annuaire des lieux de dépôt de livres d'occasion, consulté le 18 septembre 2026
- Enveloppe à fenêtre, Syndicat Centre Hérault, consulté le 18 septembre 2026
- Bac jaune, les réponses à vos questions, Grand Paris Seine Ouest, consulté le 18 septembre 2026
- Que pouvez-vous ramener au refuge, voici nos besoins actuels, SPA Colmar, consulté le 18 septembre 2026
- Nos besoins, SPA Dunkerque, consulté le 18 septembre 2026
- Collecte de papiers, APE Le Massicot, consulté le 18 septembre 2026
- Qui rachète les vieux magazines, MaCollec.net, consulté le 18 septembre 2026
- Vos vieux magazines valent-ils de l'argent, Fiscareo, consulté le 18 septembre 2026
- Journaux anciens, Delcampe, consulté le 18 septembre 2026





