Le cuivre a atteint 14 527,50 dollars la tonne en séance intraday sur le London Metal Exchange le 29 janvier 2026 : au sens strict de la séance, ce plus haut n'a pas été rebattu depuis. Il ne peut plus être présenté sans nuance comme le sommet du LME pour autant. Le cash settlement quotidien, un prix de clôture et non un plus haut de séance, est monté jusqu'à 14 850,00 dollars la tonne le 17 août 2026, puis 14 535,00 dollars le 28 août (Westmetall), deux niveaux au-dessus du chiffre de janvier. La nuance de méthode entre plus haut de séance et prix de clôture est détaillée plus bas : les deux séries ne se lisent pas avec la même règle. Le sommet de référence antérieur datait du 20 mai 2024, mais sur un autre marché et dans une autre unité : ce jour-là, c'est le COMEX américain qui avait touché 5,20 dollars la livre (Investing News Network). Deux bourses, deux unités : ces chiffres se lisent côte à côte, jamais l'un converti dans l'autre. Trois mois plus tard, au 17 avril 2026, le spot cash cotait encore 13 149 dollars la tonne (Westmetall), avec un pic de six semaines à 13 347 dollars le 16 avril selon La Tribune des métaux. Sur un an, le métal rouge affiche plus 26,86 pour cent (Trading Economics, 20 avril 2026). Et pendant ce temps, la France exporte chaque année 206 000 tonnes du cuivre qu'elle collecte, sans le raffiner, quand elle n'en importe que 53 000. Le système fuit.
Si vous êtes venu pour le prix au kilo de votre propre lot, la réponse tient en une ligne et elle est juste en dessous : au 29 août 2026, le cuivre dénudé brillant se rachète entre 7,00 et 10,51 euros le kilo selon le récupérateur, le mêlé entre 6,40 et 10,50, le câble encore gainé entre 1,80 et 3,20. Le reste de l'article explique d'où vient cet écart, et pourquoi la grille du ferrailleur ne suit pas le cours de gros.
En dessous, l'article trace la chronologie depuis le franchissement du seuil psychologique des 12 000 dollars en décembre 2025 jusqu'aux projets qui doivent sortir de terre à Lens. Et j'assume dès le départ : je ne sais pas trop comment la filière française va rattraper le retard sans un électrochoc.
Mise à jour, 29 août 2026#
Vingt-deux jours que la grille du ferrailleur ne bouge plus d'un centime en bas de fourchette, pendant que le cours de gros a enchaîné plusieurs allers-retours sous elle. Voilà où en sont les deux, relevés à l'appui.
Le rachat au kilo d'abord, parce que c'est la question qui amène ici :
| Catégorie | Prix relevés au 29 août 2026 |
|---|---|
| Cuivre dénudé brillant (millberry, T1) | 7,00 à 10,51 euros |
| Cuivre mêlé propre (tuyaux, bobinage) | 6,40 à 10,50 euros |
| Cuivre étamé, corps de chauffe | 6,70 à 9,20 euros |
| Lot mêlé au laiton ou à la ferraille | 3,60 euros, relevé unique |
| Câble gainé non dénudé | 1,80 à 3,20 euros |
| Laiton | 3,60 à 5,00 euros |
Bornes basses du dénudé, du mêlé propre, du câble gainé et du laiton relevées le 29 août 2026 chez prix-du-cuivre.fr, qui donne aussi la valeur unique du lot mêlé. Le plancher du corps de chauffe étamé, 6,70 euros, vient du barème public de La Rechetterie, qui est aussi la source des bornes hautes du câble gainé et du laiton. Bornes hautes du dénudé, du mêlé propre et du corps de chauffe relevées le 29 août 2026 chez FerrailleMonitor, qui suit ce jour-là 17 récupérateurs français mais n'en fait remonter que 5 ou 6 par ligne de barème.
Deux lignes se ressemblent et ne se paient pas pareil, autant le dire tout de suite. Le corps de chauffe étamé propre, vidé de son eau, part entre 6,70 et 9,20 euros. Le même métal versé dans un lot mêlé au laiton ou à la ferraille tombe à 3,60 euros. Ce qui fait passer d'une ligne à l'autre, ce n'est pas la nuance du cuivre, c'est ce qui reste accroché dessus : le récupérateur qui doit trier facture ce tri, et il le facture cher.
Le bas de la grille est figé depuis le 7 août : 7,00 euros le dénudé, 6,40 le mêlé propre, 3,60 le lot mêlé, exactement les mêmes valeurs qu'il y a vingt-deux jours. Le haut, lui, a glissé : le mêlé propre passe de 10,00 à 10,50 euros chez FerrailleMonitor, tandis que La Rechetterie a remonté sa ligne câble électrique de 3,00 à 3,20 euros et son laiton de 4,90 à 5,00. Le millberry, lui, tient sa borne haute à 10,51 euros. Sous le capot, c'est toujours la même mécanique : quand le cours monte, ce sont les récupérateurs les mieux placés qui bougent en premier, jamais le plancher.
Et c'est là que se joue l'argent du lecteur. Sur la même catégorie et le même jour, l'écart va de 7,00 à 10,51 euros le kilo, soit plus de 50 pour cent. Deux réflexes, donc. Faites coter votre lot par au moins deux récupérateurs avant de le laisser sur place. Et séparez-le avant de vous présenter, trois tas au minimum : le dénudé propre, le cuivre mêlé ou étamé, et le câble encore gainé, qui se paie sur une autre ligne de barème que le fil nu. Sur un morceau dont vous ne savez pas quoi penser, posez-le dans le tas du dessous. FerrailleMonitor le résume ainsi : « Le prix au kilo dans la catégorie Cuivre varie fortement selon la nuance, le tri, la propreté et le rendement matière. » Chez La Rechetterie, la ligne cuivre mêlé exige même de retirer colliers, vannes, robinets et raccords, avec cette mention : « si ce n'est pas enlevé, nous n'achetons pas ».
Une réserve sur ces bornes hautes, tant qu'on y est. FerrailleMonitor est un agrégateur qui ne publie ni méthodologie de relevé ni note de révision, et dont l'échantillon annoncé est passé de 21 à 18, puis 19, puis 17 récupérateurs en trois semaines. Un panel qui bouge de cette façon n'est pas une série qu'on peut suivre dans le temps, au sens strict : traitez ces bornes hautes comme l'offre du récupérateur le mieux placé de la semaine, pas comme un plafond de marché.
Le cours de gros, maintenant. Le cash settlement cuivre du LME touche son creux de la période le 20 août à 14 170,00 dollars la tonne, puis remonte sans interruption : 14 291,00 le 21 août, 14 344,00 le 24, 14 425,00 le 25, et 14 525,00 dollars la tonne le 26 août (Westmetall). L'écart avec l'échéance à trois mois, qui atteignait 535 dollars la tonne au plus fort de la tension le 17 août, quand le cash culminait à 14 850,00 dollars, puis s'était dégonflé à 56 dollars le 21, se rouvre à 189 dollars le 26 août (14 525 contre 14 336 dollars la tonne, même source). Converti en euros, le spot du métal raffiné s'établit à 12,68 euros le kilo au 27 août (prix-du-cuivre.fr). C'est un cours de marché, pas un prix de rachat au ferrailleur.
Attention à ne pas confondre deux records au passage, parce que le piège s'est refermé ce mois-ci. Sur son propre instrument, le cash settlement culmine le 17 août à 14 850,00 dollars la tonne, avant de refluer : 14 525,00 le 26 août, 14 490,00 le 27, puis un rebond à 14 535,00 le 28 (Westmetall). Deux de ces relevés, celui du 17 et celui du 28 août, dépassent le pic intraday de 14 527,50 dollars du 29 janvier, en valeur brute. Celui du 26 août, à 14 525,00 dollars, reste juste en dessous. Ce n'est de toute façon pas une comparaison directe : un cash settlement de fixing n'est pas un plus haut de séance, ce sont deux méthodes de cotation différentes. Investing News Network, qui suit ce record, situe toujours le plus haut intraday LME à 14 527,50 dollars fin août. Ce que confirment les relevés d'août, c'est que le niveau de janvier n'est plus isolé sur l'instrument cash settlement, pas qu'il a été rebattu au sens strict de la séance intraday.
Un mot du réglementaire pour finir. Le Bureau of Industry and Security du département du Commerce américain a publié le 6 août 2026 au Federal Register une proposition d'élargir les droits de douane Section 232 à 14 familles de produits dérivés supplémentaires, dont des câbles conducteurs électriques, la plupart au taux de 25 pour cent (KPMG). La fenêtre de commentaires publics s'est refermée le 27 août 2026, avant décision finale. C'est le même mécanisme de droits de douane américains, déjà en vigueur depuis avril 2026 sur les produits cuivre semi-finis, qui aspire la matière vers les États-Unis et alimente la tension sur les stocks LME.
Janvier 2026 : le pic à 14 527 dollars qui change la donne#
Le 29 janvier 2026, le cours LME du cuivre a grimpé en intraday à 14 527,50 dollars la tonne. Investing News Network documente le contexte : ruée acheteuse spéculative depuis la Chine, attentes de croissance de l'économie américaine, et surtout dépenses massives sur les infrastructures data centers et énergie. Rien de ponctuel : le métal avait franchi le seuil de 12 000 dollars dès décembre 2025 (Media24, mars 2026).
Pour un rappel de contexte, le cuivre est passé d'environ 2 000 dollars la tonne il y a vingt ans à plus de 9 000 dollars (Linfodurable). Facteur 4,5, et ce palier des 9 000 dollars est lui-même dépassé depuis : la trajectoire compte plus ici que le point d'arrivée. Un pattern récurrent sur les métaux de transition : la boucle de feedback entre électrification massive et offre minière contrainte se serre. Un véhicule électrique contient 60 à 100 kilos de cuivre contre 20 à 25 kilos pour un thermique, soit trois à quatre fois plus (Media24). Une éolienne en mer demande environ 9,56 tonnes de cuivre par mégawatt installé, dont l'essentiel dans le câblage, soit au moins 41 pour cent de plus que son équivalent terrestre (Navigant Research). Le data center Microsoft de Chicago ? 2 177 tonnes de cuivre selon la Banque de France. Un seul bâtiment.
Ce n'est pas un bug, c'est une feature du système énergétique bas-carbone. L'AIE situe la demande mondiale de cuivre raffiné à 27 millions de tonnes en 2024, et la projette à 33 millions en 2035, puis 37 millions en 2050 (relayé par France Épargne).
Février 2026 : les stocks LME gonflent, la Chine digère#
Le 17 février 2026, les stocks de cuivre du LME atteignent 221 625 tonnes selon La Tribune des métaux. Plus haut niveau observé depuis onze mois. Le prix s'installe autour de 12 750 dollars la tonne à la même date. C'est la respiration classique d'un marché tendu : un pic spéculatif, puis une consolidation pendant que les acheteurs chinois temporisent et que le métal revient dans les entrepôts agréés.
Cette respiration ne doit pas faire illusion. L'ICSG (International Copper Study Group) prévoyait pourtant un surplus de 289 000 tonnes sur 2025, avant un basculement vers un déficit en 2026. Les analystes ne s'accordent pas sur la magnitude : 150 000 tonnes selon l'ICSG, plus de 400 000 tonnes selon UBS, environ 330 000 tonnes selon J.P. Morgan (données compilées par France Épargne). La fourchette est large, le sens est clair.
J.P. Morgan table sur une moyenne annuelle 2026 à 12 075 dollars la tonne et un pic au deuxième trimestre à 12 500 dollars. Le réel d'avril 2026 dépasse déjà largement ces projections, de l'ordre de 600 à 800 dollars. Le marché surfe sur l'anticipation du déficit plus que sur sa matérialisation.
Mars 2026 : Nexans Lens, la seule fonderie française qui scale#
Bascule en France. Nexans a signé en octobre 2024 un accord d'investissement stratégique de plus de 90 millions d'euros pour transformer son usine de Lens (Pas-de-Calais) en pôle de recyclage du cuivre secondaire. Projet inscrit dans le plan France 2030. Partenaire technologique : l'italien Continuus Properzi, spécialiste des technologies de coulée continue.
La capacité actuelle de la fonderie Lens tourne à 160 000 tonnes par an de cuivre transformé. Cible à horizon 2026 : 240 000 tonnes par an, soit plus 50 pour cent. Et surtout, la part cuivre secondaire issue des déchets passerait de 2 000-3 000 tonnes actuellement à 80 000 tonnes. Le pipeline industriel vise 250 tonnes de déchets traités par jour. Objectif groupe à 2030 : 30 pour cent de cuivre recyclé dans la production Nexans.
Pour qui n'est pas familier avec la topologie française, il faut rappeler un fait brut : Nexans Lens est la seule usine de recyclage du cuivre en France (Connaissances des Énergies). Face à elle en Europe : Umicore (Belgique) et Aurubis (Allemagne), qui aspirent depuis vingt ans la matière exportée depuis l'Hexagone. L'itération française est tardive. Elle arrive au moment où le cours LME double.
La coentreprise historique Recycâbles (créée en 2008 entre Nexans et Suez) joue un rôle de feeder sur les câbles électriques en fin de vie. Et côté collecteurs, le trio Suez-Derichebourg-Veolia se partage le flux amont. Derichebourg a clos son exercice au 30 septembre 2025 sur 3,34 milliards d'euros de chiffre d'affaires (moins 7,5 pour cent), avec 4,4 millions de tonnes de métaux traités dont 695 100 tonnes de non-ferreux recyclés (Boursorama). Paprec, de son côté, vise 3,5 à 3,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 contre 3 milliards en 2024 et un EBITDA de 550 millions d'euros (CCFI). L'objectif affiché : dépasser Veolia sur le marché français des déchets et viser la deuxième place derrière Suez.
Avril 2026 : la mécanique ferrailleur, cours contre rachat#
Sur un sujet proche, découvrez notre article : Cuivre stratégique : pourquoi on vole un métal recyclable.
Mi-avril 2026, on était entre 12 200 et 13 350 dollars la tonne sur le LME selon le jour et l'instrument (spot cash, LME 3 mois, Comex). Le seuil psychologique des 12 000 dollars franchi fin 2025 était déjà derrière nous. Côté ferrailleur France, les cours indicatifs remontaient avec une décote structurelle de 35 à 60 pour cent par rapport au LME selon le volume et la qualité (prix-du-cuivre.fr). Relevé d'avril 2026, conservé ici pour la chronologie, périmé pour qui vend aujourd'hui :
- cuivre dénudé (millberry) : 6,20 à 7,00 euros par kilo
- cuivre mêlé selon qualité : 4,10 à 6,40 euros par kilo
- câble cuivre avec isolant : 1,00 à 1,80 euros par kilo
C'est la réalité de la mécanique de prix pour l'artisan électricien qui ramène ses chutes ou le particulier qui dépose un vieux ballon d'eau chaude. La décote ferrailleur bouge d'un relevé hebdomadaire à l'autre, selon le sens du cours LME, mais elle ne disparaît jamais. La chaîne de valeur a besoin de sa marge.
Juillet-août 2026 : l'offre minière cale, les stocks LME oscillent#
Avertissement d'unité avant de dérouler, parce que cet article manipule trois échelles qui n'ont rien à voir. Le LME publie son cash settlement en dollars par tonne, et son échéance à trois mois dans la même unité. Le COMEX américain, lui, cote en dollars par livre, comme les 5,20 dollars du record de mai 2024 cité en tête. Et le ferrailleur français paie en euros par kilo. Trois unités, deux devises, deux bourses : ne comparez jamais deux chiffres sans vérifier lequel des trois vous lisez.
Côté offre, le système montre ses limites. Antofagasta a produit 9 pour cent de cuivre en moins sur le premier semestre 2026 qu'un an plus tôt, 285 000 tonnes, à cause de Los Pelambres et Centinela (rapport de production T2 2026 du groupe). Nuance importante que peu de reprises signalent : le groupe maintient sa prévision annuelle de 650 000 à 700 000 tonnes et table sur un rebond au second semestre. Il s'agit donc d'un creux de calendrier, pas d'un décrochage durable de l'offre.
Les stocks LME racontent la même nervosité. Plus bas de la période le 14 août à 204 975 tonnes, puis reconstitution rapide à 235 975 tonnes le 19 août. En toile de fond, les importations américaines de cuivre raffiné ont dépassé 200 000 tonnes en juillet, leur plus haut niveau mensuel depuis douze ans selon Economies.com, ce qui a mécaniquement pesé sur les stocks disponibles côté LME. C'est une feedback loop assez brutale : les droits de douane américains aspirent le métal, les entrepôts européens se vident, le cash passe au-dessus du terme, et le cours de gros décolle sans que le barème du ferrailleur bouge d'un centime.
Production secondaire mondiale : 16,9 pour cent, l'anomalie française#
Zoom mondial pour mettre les chiffres France en perspective. Sur janvier-novembre 2024, la production mondiale de cuivre raffiné à partir de scrap a dépassé 4,23 millions de tonnes selon l'ICSG, avec une projection annuelle à 4,5-4,6 millions de tonnes. La part du secondaire dans l'offre raffinée mondiale s'est établie à 16,9 pour cent en 2023. Le taux de recyclage input cuivre global tourne autour de 32 pour cent (old scrap + new scrap). L'ICSG projette plus 3,3 pour cent sur 2025 et plus 6,4 pour cent sur 2026 pour la production secondaire. Environ 55 pour cent des items en fin de vie contenant du cuivre ont été recyclés sur les dix dernières années.
Maintenant la France. Je pose les chiffres publiés comme on débugge une feedback loop cassée :
- 218 000 tonnes de déchets cuivre collectées par an sur le territoire
- 66 000 tonnes réellement recyclées en France
- 206 000 tonnes exportées, 53 000 tonnes importées, soit un solde net sortant de 153 000 tonnes
- 257 000 tonnes consommées par l'industrie nationale
Cherchez l'erreur. On collecte 218 000 tonnes, on en recycle 66 000 sur le territoire, on en exporte 206 000 et on en importe 53 000. Les chiffres ne s'additionnent pas strictement (une partie du recyclé domestique repart aussi à l'export), mais la mécanique est limpide : on envoie l'essentiel du gisement chez les concurrents allemands et belges, puis on rachète du cuivre raffiné plus cher. Pendant ce temps, on finance sur fonds publics (France 2030) la montée en puissance de Nexans Lens, seule fonderie capable d'absorber ce flux en France. Scope mal calibré.
Pour creuser ce pattern plus large, je renvoie à l'urban mining et la récupération des métaux précieux qui pose le même genre de problème sur les DEEE, et à la souveraineté matières premières qui interroge la capacité du recyclage à tenir les engagements du CRMA.
2027-2030 : la mine urbaine du réseau téléphonique arrive#
C'est probablement l'angle qui m'intéresse le plus, parce qu'il est spécifiquement français et qu'il a un calendrier dur. Orange démantèle son réseau cuivre historique, la plus grande mine urbaine du pays. Au 27 janvier 2026, 763 nouvelles communes étaient concernées par la fermeture commerciale du cuivre. Plus aucune offre commerciale cuivre n'est commercialisée depuis le 31 janvier 2026 selon l'INC. Fin totale programmée : 2030. D'ici là, il reste 40 millions de lignes à démanteler entre 2026 et 2030.
Le gisement potentiel disponible à partir de 2030 est estimé à près d'un million de tonnes de cuivre (Linfodurable). Les volumes significatifs commencent à arriver en 2027 selon Boursorama et Linfodurable. Un million de tonnes, c'est près de cinq fois la collecte annuelle actuelle de 218 000 tonnes. C'est ce qui justifie le scaling de Nexans à 80 000 tonnes de secondaire dès 2026 : il faut que la capacité de traitement arrive avant le flux, sinon on exportera encore.
Côté demande, la pression vient aussi du côté des usages électrifiés. Les data centers IA consommaient 500 000 tonnes de cuivre par an en 2024 selon la Banque de France. Projection à 2050 : 3 millions de tonnes par an, soit environ 9 pour cent de la demande mondiale totale. L'AIE projette par ailleurs une pénurie d'approvisionnement cuivre de l'ordre de 30 pour cent en 2035.
Le déclenchement de toutes ces boucles se lit comme un game design systémique : la demande data centers pousse le prix, le prix pousse le recyclage, le recyclage capte le flux Orange, mais seulement si l'infrastructure industrielle est prête à temps. À ce stade, c'est toujours la question qui me gratte. Le pari Nexans-France 2030 est le bon. Le calendrier reste serré.
Ma lecture honnête : le scope-creep français#
Sous le capot, c'est une histoire classique de priorités mal ordonnées. La France a collecté avec rigueur, elle a soutenu ses collecteurs historiques (Suez, Derichebourg, Veolia, Paprec), elle a financé la fonderie Lens via France 2030. Mais elle a tardé sur un point : internaliser le traitement au lieu d'exporter la matière première. Résultat, l'industrie française rachète au prix du marché mondial, en métal raffiné, une matière qu'elle a laissé partir à l'état de déchet chez Aurubis et Umicore.
Les trois données qui résument tout :
- 153 000 tonnes de déchets de cuivre qui quittent le pays en solde net chaque année, quand l'industrie nationale consomme 257 000 tonnes de métal
- Une seule fonderie de recyclage sur le territoire, qui monte à peine à 240 000 tonnes de capacité totale en 2026, dont 80 000 de cuivre secondaire
- Un gisement téléphonique d'un million de tonnes qui arrive d'ici 2030
Pour les lecteurs qui veulent creuser le contexte réglementaire, le marché européen des matières premières secondaires est bloqué détaille les frictions côté demande industrielle, et l'usine de Lacq qui recycle les aimants terres rares montre un autre pari France 2030 sur un métal critique. Le problème est le même : le scope de la filière ne suit pas la cadence du marché.
Je ne dis pas que la filière est condamnée. Je dis que sans une accélération de la capacité de traitement domestique sur 2026-2028, le niveau de janvier 2026 à 14 527 dollars reste un point de passage, pas un plafond : le cash settlement du LME l'a déjà dépassé en août, jusqu'à 14 850 dollars la tonne le 17. Et la France rachètera toujours plus cher le cuivre qu'elle aurait pu raffiner elle-même.
Questions fréquentes#
Combien paie un ferrailleur pour un kilo de cuivre en ce moment ?#
Sur la fourchette relevée le 29 août 2026, le cuivre dénudé brillant (millberry, T1) se paie 7,00 à 10,51 euros le kilo, le cuivre mêlé propre 6,40 à 10,50 euros, le cuivre étamé ou corps de chauffe 6,70 à 9,20 euros, le lot mêlé au laiton ou à la ferraille 3,60 euros sur un relevé unique, le câble gainé non dénudé 1,80 à 3,20 euros et le laiton 3,60 à 5,00 euros. Ce sont des relevés datés, pas un tarif fixe : la catégorie du lot fait plus varier le prix que la date.
Pourquoi le prix au kilo est-il si loin du cours de la tonne sur le LME ?#
Le cours LME, c'est le cuivre raffiné coté en bourse, en dollars la tonne, converti par exemple à 12,68 euros le kilo au 27 août 2026 selon prix-du-cuivre.fr. Ce n'est pas ce que touche celui qui dépose un lot chez le ferrailleur : ce prix-là est négocié directement, en dessous du cours, selon la qualité et le tri du lot.
Dénuder un câble avant de le vendre change-t-il vraiment le prix ?#
Oui, et l'écart est net dans les relevés : un câble gainé non dénudé se paie 1,80 à 3,20 euros le kilo au 29 août 2026, contre 7,00 à 10,51 euros pour le même cuivre une fois dénudé et brillant. Le câble gainé se paie sur une autre ligne de barème que le fil nu.
Que faut-il préparer avant de se présenter chez un ferrailleur ?#
Faites coter votre lot par au moins deux récupérateurs avant de le laisser sur place, et séparez-le en trois tas au minimum : le dénudé propre, le cuivre mêlé ou étamé, et le câble encore gainé. En cas de doute sur un morceau, posez-le dans le tas du dessous. Chez La Rechetterie, la ligne cuivre mêlé exige en plus de retirer colliers, vannes, robinets et raccords : sans ce tri, l'achat est refusé.
Pourquoi le prix varie-t-il autant d'un ferrailleur à l'autre ?#
Sur la même catégorie et le même jour, le 29 août 2026, l'écart relevé va de 7,00 à 10,51 euros le kilo. C'est un marché à information asymétrique où le vendeur ne connaît pas la grille et l'acheteur si. FerrailleMonitor le résume ainsi : le prix au kilo varie fortement selon la nuance, le tri, la propreté et le rendement matière.
Sources#
- Westmetall : LME copper cash historical data, consulté le 29 août 2026
- Economies.com : importations américaines de cuivre au plus haut en 12 ans, stocks LME en repli (14 août 2026), consulté le 27 août 2026
- Investing News Network : Highest Price for Copper (pic intraday LME 14 527,50 $/t, 29 janvier 2026), consulté le 29 août 2026
- La Tribune des métaux : cuivre prix marché avril 2026, consulté le 27 août 2026
- La Tribune des métaux : stocks LME cuivre 221 625 t au 17 février 2026, consulté le 27 août 2026
- Trading Economics : cuivre +26,86 % sur un an, consulté le 27 août 2026
- Media24 : le cuivre atteint des sommets historiques (mars 2026), consulté le 27 août 2026
- Banque de France : IA, data centers et cuivre, consulté le 27 août 2026
- Boursorama : démantèlement réseau téléphonique et recyclage cuivre France, consulté le 27 août 2026
- Linfodurable : fin de l'ADSL et mine urbaine du cuivre, consulté le 27 août 2026
- Connaissances des Énergies : mines urbaines et filière cuivre France, consulté le 27 août 2026
- Nexans : accord d'investissement stratégique Lens (octobre 2024), consulté le 27 août 2026
- France Épargne : cuivre, déficit structurel 2026 et métaux de transition, consulté le 27 août 2026
- Recycling Today : ICSG, recyclage cuivre et production mondiale 2024, consulté le 27 août 2026
- Recycling Today : ICSG surplus 2025 et projections secondaire, consulté le 27 août 2026
- CCFI : Paprec pourrait dépasser Veolia en France, consulté le 27 août 2026
- Boursorama : Derichebourg, chiffre d'affaires annuel en recul de 7,5 %, consulté le 27 août 2026
- INC Conso : démantèlement du réseau cuivre, communes 2026, consulté le 27 août 2026
- Prix du cuivre : cours ferrailleur France, relevé du 29 août 2026, consulté le 29 août 2026
- FerrailleMonitor : tarif de rachat du cuivre au kilo, relevé du 29 août 2026 sur 17 récupérateurs, consulté le 29 août 2026
- La Rechetterie : barème public d'achat des métaux, cuivre, câbles et laiton, consulté le 29 août 2026
- KPMG : BIS, droits Section 232 sur produits dérivés supplémentaires, taux et échéance de consultation (août 2026), consulté le 27 août 2026
- Antofagasta : rapport de production T2 2026, consulté le 27 août 2026
- Énergies de la Mer : le poids du cuivre dans l'éolien offshore, données Navigant Research, consulté le 27 août 2026
- Federal Register : proposition d'extension des droits Section 232 cuivre, 14 produits dérivés (6 août 2026), consulté le 27 août 2026





